DĂ©faillances d’entreprises en France : record historique en 2025 et enjeux de la loi spĂ©ciale 2026
Selon les dernières donnĂ©es d’Allianz Trade, les dĂ©faillances d’entreprises en France devraient atteindre 68.500 cas en 2025, marquant la quatrième annĂ©e consĂ©cutive de hausse et dĂ©passant de 23 % la pĂ©riode prĂ©-Covid. Cette tendance alarmante affecte tous les secteurs de l’économie, avec des « pics particulièrement prĂ©occupants » dans le transport-entreposage (+61% par rapport Ă la moyenne 2010-2019), l’information-communication (+42%), le commerce automobile (+40%) et l’hĂ´tellerie-restauration (+34%).
Les grandes entreprises ne sont pas épargnées : les défaillances concernent des sociétés représentant plus de 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 40 % au-dessus de la moyenne historique 2006-2024. Ces chiffres confirment un environnement économique fragile, où même les acteurs majeurs du tissu entrepreneurial français sont exposés.
Radiations et fragilisation du tissu entrepreneurial
Le portail Infogreffe souligne que la fin d’année 2025 a été « très difficile » pour les entreprises, avec 112.021 radiations au quatrième trimestre, soit une hausse de 27,4 % par rapport au même trimestre en 2024. Parmi ces radiations, un peu plus d’un tiers résulte d’une procédure collective, plus de 40 % sont des radiations volontaires, et 17,1 % ont été prononcées d’office par les tribunaux de commerce pour manquements administratifs.
Ce déséquilibre entre créations et radiations continue de s’accentuer : les radiations représentent environ deux tiers des créations d’entreprises, tandis que la progression des nouvelles entreprises est cinq fois moins rapide que celle des radiations, signalant une fragilisation persistante du tissu entrepreneurial.
Perspectives pour 2026 : stabilité fragile
Allianz Trade anticipe pour 2026 une légère baisse des défaillances, autour de 66.700 cas, soit une diminution de 2,5 % par rapport à 2025. Toutefois, cette prévision reste sur un « plateau haut », en raison d’une combinaison d’éléments incertains : instabilité politique, tension fiscale persistante, risques géopolitiques et guerre commerciale. Les entrepreneurs doivent donc rester vigilants, en particulier les petites structures et secteurs les plus vulnérables.
La loi spéciale 2026 : un mécanisme de continuité économique
Pour faire face à ce contexte économique tendu et au retard dans l’adoption du projet de loi de finances 2026, le gouvernement a activé la loi spéciale budgétaire 2026. Ce cadre exceptionnel permet :
- De garantir la continuité des services publics essentiels
- De percevoir les impôts et taxes existants pour financer les dépenses indispensables
- De sécuriser les paiements aux entreprises stratégiques et éviter les défauts de l’État
- De recourir à l’emprunt public pour couvrir les besoins urgents de trésorerie
Si cette loi spéciale assure un filet de sécurité pour l’économie, elle n’empêche pas le maintien d’un volume élevé de défaillances, ce qui souligne l’importance de mesures complémentaires pour soutenir les entreprises fragilisées.
Enjeux sectoriels et économiques
Les secteurs les plus exposés, notamment le transport, l’hôtellerie-restauration, l’information-communication et le commerce automobile, nécessitent une vigilance particulière. Les risques financiers sont renforcés par la conjoncture internationale, l’inflation et la complexité fiscale. L’instabilité politique et la lente adoption du budget 2026 renforcent également l’incertitude pour les investisseurs et les dirigeants d’entreprise.
Pour les décideurs et entrepreneurs, l’anticipation et la gestion proactive des risques deviennent essentielles. La combinaison de défaillances record, de radiations massives et d’un cadre fiscal incertain, même avec la loi spéciale 2026, illustre la nécessité de stratégies de prévention et de résilience.
Conclusion
2025 restera comme une année historique pour les défaillances d’entreprises en France, avec un record dépassant les 68.500 cas. La loi spéciale 2026 apporte un filet de sécurité indispensable pour maintenir la continuité économique et budgétaire, mais elle ne remplace pas la nécessité d’un soutien ciblé aux entreprises fragilisées, en particulier les petites structures et les secteurs les plus exposés.
Analyse rédigée par Narjess CHABBOUH, Réviseur comptable — RapidEx Conseil